mardi 19 juillet 2011

Pourquoi la SF ne marche pas en France... et pourquoi les auteurs en sont réduits à mourir de faim...


A chaque convention, festival, réunion dans un café, les auteurs des genres de l’imaginaire se torturent les méninges avec les mêmes questions.
Pourquoi ça ne marche pas en France ?
Le pire, c’est quand on invite un auteur anglo-saxon. Ça ne rate jamais. Les auteurs, éditeurs et fans, réunis entre eux, se demandent pendant trois quarts d’heures.
La faute à la structure du marché de l’édition, aux lecteurs qui sont des veaux, à la culture européenne trop ceci ou cela (mais le Royaume Uni fait pourtant partie de l’Europe), bla, bla, bla.
Et puis les regards se tournent vers l’auteur étranger invité.
Et là, vlan, le mec, tignasse blanche, barbe de Père Noel soixante-huitard, nez un peu rouge parce que pour lui, une convention de sf en France, c’est avant tout le sympathique repas de midi arrosé d’un excellent cru, il nous assène : there’s no specific problem with sci-fi in the US. In fact, the situation has never been better.
By Jove ! Salauds d’anglophones, ils ont les séries, ils ont aussi les auteurs, ils ont les femmes et l’argent. Ils écrivent à plein temps alors que nous sommes obligés de faire profs ou consultants pour manger.
Alors ?
J’ai ma petite idée sur la question, mais il est probablement plus amusant de faire la liste des choses entendues sur ce sujet.
1/ Les européens (continentaux) n’aiment pas l’imaginaire. Variante sf : ils ont peur de la technique / du futur. Variante brutale : les lecteurs sont des crétins
2/ La SF / Fantasy est de tradition anglo-saxonne
3/ Le marché anglophone représente un potentiel de 800 millions, voire plus. Le marché francophone, c’est moins de 100 millions. Variante : si les Québécois pouvaient faire un effort et produire huit enfants par femme, ça nous arrangerait à moyen-terme.
4/ Les éditeurs sont méchants / mal organisés / pusillanimes
5/ Les anglo-saxons font de la sci-fi, pas de la science-fiction. Ils flattent le grand public avec du produit de grande conso, là où l’artisan bricoleur français s’adresse à un public noble, éduqué et élitiste, donc forcément restreint
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