mercredi 20 janvier 2010

Du nouveau sur Topologies

Après une longue interruption liée à un trop plein de travail, une nouvelle publication vient relancer mon activité littéraire.

Il s'agit de la nouvelle Le vieux jardinier des pierres, qui paraîtra dans un prochain numéro de AOC / Présences d'esprit.

Quelques réflexions globales sur cette production littéraire que j'essaie, malgré un emploi du temps difficile, de développer.

Je suis parti dans la science-fiction il y a de cela maintenant deux ans, deux ans et demi. La justification "officielle" tient à la question de la philosophie, dont il m'apparaissait que la science-fiction était la continuation par d'autres moyens. La sf permet d'élaborer des situations qui sont la mise en musique de concepts, et surtout, elle permet de parler ontologie, de ne pas cantonner le discours au psychologique. En somme, écrire une nouvelle dont le thème serait "et si les monades de Leibniz existaient" est tout à fait possible (même si ça n'est pas dans les tuyaux). Evidemment, la sf se nourrit de contre-sens volontaires. Les Monades d'une nouvelle de sf pourront sans doute parler et agir à leur manière, comploter, tomber amoureuses par expression mutuelle, etc.

Surla dimension plus personnelle du travail d'écriture comme thérapie auto-administrée, je ne ferai pas de commentaire. Avec le recul, je constate que Quatre étoires au firmament parle de la destruction des mythes personnels, que l'Effet Teletubbies a pour sujet la fin de l'enfance, et Ascension cosmique la question de l'incompréhension entre hommes et femmes. Mais les constats a porteriori ne valent pas projet, et chacun est libre de voir les interprétations qui lui conviennent dans un monde post-métaphysique où l'auteur n'est pas en position privilégiée pour se comprendre lui-même.

L'évolution de ce projet est double. D'un côté, une certaine interrogation dialectique sur le format. D'un autre, un fort tropisme pour un style qu'on pourrait qualifier de poétique, voire maniériste, que j'assume totalement.

Le premier élément est une réflexion sur mon devenir en tant qu'auteur. L'accomplissement, dans un genre comme la sf, ne vient en dernière analyse que du roman. Le roman est un monde, qui doit engloutir son lecteur. A titre personnel, mon livre idéal est une tétralogie composée d'ouvrages de 2000 pages chacun, explorant le devenir d'une civilisation cosmique sur 4000 ans, avec deux cent personnages principaux et des fausses citations d'auteurs du futur pour appuyer des réflexions sur l'avenir de l'humanité dans le cosmos. La série Dune en est un bon exemple.

Or écrire des nouvelles et écrire des romans n'est pas la même chose. A titre personnel, je ne me suis pas encore découvert de capacités à écrire une histoire sur plus de 50 pages, et encore... ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas travaillé par le désir d'écrire, et d'écrire beaucoup. Paradoxe, donc.

Et il y a en parallèle une sorte de fatigue à écrire des nouvelles, activité qui présente peu de débouchés, et que j'ai l'impression de bien maîtriser.

L'autre volet concerne plus le style que la forme. C'est un désir de m'orienter vers des oeuvres moins dynamiques, plus statiques et plus marquées par des formes telles que la poésie en prose, l'onirisme, le mystère, sans sortir du champs de la sf. le Vieux Jardinier en fait partie, de même qu'une ou deux autres nouvelles du même acabit qui jusqu'à maintenant n'ont pas été envoyées à des éditeurs ou revues : Un sentiment de Déjà vu, ou A propos d'un poème de Borgès. Là encore, une question de lisibilité se pose. Le sous genre phare de la sf, en tout cas à mes yeux et comme je le perçois (comme je l'apprécie), est plutôt le roman de space opéra mastodontesque. La réflexion actuelle, c'est l'articulation des deux.