lundi 22 septembre 2008

A propos du rapport entre sf et avenir

Un article de Yannick Rumpala (ici) soutient la thèse selon laquelle la sf, au delà de ses dimensions utopiques et dystoptiques, a une fonction sociale de préparation de l'avenir. Si le texte de science-fiction crée l'étonnement, d'un autre côté, il génère la familiarité avec des tendances émergentes.

Je ne suis pas totalement d'accord avec cette thèse... sans vouloir jouer du paradoxe à deux francs quatre sous (soit 0,37 c€, et encore moins en Yuan de la Confédération Galactique).

Dans ma perspective, qui est à la fois celle de l’enseignant en sciences politiques et de l’auteur débutant, il me semble qu’il faille cependant nuancer la question du rapport de la science fiction et du futur. Je pense qu’on peut argumenter que l’écriture de sf est un jeu très rigoureux consistant à faire varier consciemment des conditions considérées comme “normales” et donc non thématisées. Un exemple : à quoi ressemble le monde si personne ne vieillit.

Le concept d’avenir est ici le “deus ex machina” qui permet de donner de la crédibilité à ce qui est comme une variation éidétique des conditions de l’existence humaine.

L’analyse de telles variations n’est pas tant annonciatrice du futur que révélatrice de ce qui “gratte” (pour reprendre Wittgenstein) dans l’expérience quotidienne ou la société actuelle.

Un exemple : à l’époque de Frank Herbert, la question du rapport hommes/femmes et la relation entre sexe et pouvoir grattent incontestablement. D’où l’étonnante proximité entre les thématiques abordées dans son oeuvre et les problématiques développées par Marcuse…

Bref, à suivre.